Loin de moi l’idée d’écrire sur la nature de la crise. Mon sujet d’article est d’observer un des comportements de l’Etat (quand l’Etat consomme), de le comprendre et d’émettre d’éventuelles solutions.
Les types d’Etats au niveau de la gestion économique.
L’Etat est en théorie l’organisation juridique et politique d’un territoire clairement déterminé. Cet Etat va donc commander, par l’intermédiaire de lois, à des organes exécutifs (privatisés ou non) pour tenter d’apporter une plus-value au territoire (infrastructure des transports, distribution d’eau/gaz/électricité, scolarité, etc.) Pour ce faire, elle va utiliser des moyens d’obtenir de l’argent (taxes, amendes, impositions, crédits, etc.) Ensuite, cet Etat va investir l’argent obtenu pour assurer son fonctionnement ainsi que le fonctionnement de ses organes exécutifs non privatisés.
Laissez-moi vous expliquer cela par une petite histoire. Imaginons que nous sommes un village de cinq habitants. Nous souhaitons construire une nouvelle route. Cette route coûte 25.000 €. Les cinq villageois vont donc donner 5.000 € à un pot commun pour que ce dernier puisse payer la route. Malheureusement, trois de ces villageois n’ont pas 5.000 €. Les cinq habitants vont alors décider de donner 104 € chaque mois pendant 4 ans afin de pouvoir payer la nouvelle route (104 € * 12 * 4 = 5.000 €). Après avoir payer la route, ils décident de continuer la contribution de 104 € par mois pour obtenir assez d’argent que pour bâtir un château d’eau. Dans cet exemple, le pot commun est l’Etat et les 104 € sont les impôts.
Dès lors, on peut avoir trois types d’Etats:
- L’Etat plus-value.
- L’Etat consommateur.
- L’Etat neutre.
L’état plus-value:
Ici, ses recettes sont plus importantes que ses dépenses. Dans cette situation l’Etat va devoir trouver une méthode pour utiliser cet excès de recettes. En général, il va soit capitaliser, soit investir, soit gaspiller. Ce type d’Etat est celui qui est probablement le mieux entretenu (routes, sécurité sociale, égouts, etc.) En effet, il a les moyens de sa politique. Il peut diminuer les taxes pour lancer son économie ou diminuer l’imposition salariale pour faire augmenter les revenus et valoriser l’emploi.
L’état consommateur:
Dans cet Etat, les recettes sont plus basses que les dépenses. Cet Etat est susceptible de devenir un Etat policier à cause de sa décadence et de sa pauvreté citoyenne.
Les Etats consommateurs laissent inexorablement leur place à une révolution (passive, culturelle ou violente).
L’état neutre:
Ici, les dépenses sont équivalentes aux recettes. Cet Etat est en équilibre. Les citoyens qui y paient des taxes en ont théoriquement pour leur argent.
La crise économique.
Normalement, l’Etat démocratique est géré par nos élus. Ceux-ci sont désignés par les citoyens dans le but de défendre les intérêts des citoyens. Dès lors, quand un Etat est en crise économique, il se doit de trouver des solutions pour assurer un avenir prospère à moyen et à long-terme à l’économie du pays. Les Etats de type « plus-value » et « neutre » sont armés pour cette situation.
La crise économique pour l’Etat de type « consommateur ».
L’Etat consommateur en période de crise voit sa pression augmenter sur ses dépenses et ses recettes. Les gens appauvris ont du mal à payer les taxes et seront exigeants vis-à-vis de l’aide que l’Etat doit apporter.
Il mettra en place plusieurs actions pour assurer sa survie:
- Comme l’Etat va devoir payer avec de l’argent qu’il n’a pas, il aura tendance à
supprimer les budgets alloués pour des investissements à long-terme afin de maintenir sa solvabilité à court terme. - Il va cesser de résoudre les problèmes en profondeur pour favoriser les rafistolages peu chers.
- Les élus vont camoufler les véritables problèmes pour les laisser exploser à la tête de l’élu suivant.
- L’Etat va générer de faux problèmes pour pouvoir facilement y apporter des solutions afin de persuader les citoyens qu’il est efficace.
- Il va augmenter les impôts au risque d’affaiblir le pouvoir d’achat et donc de nourrir la crise.
- Comme la crise fera augmenter le chômage, l’Etat fera la chasse aux faux chômeurs et pourrait même diminuer les allocations de chômage, pension, et indemnités de santé.
- L’Etat va aussi exagérer sur la situation critique des finances pour justifier faussement de nouvelles taxes.
- Tout en maintenant les pauvres dans une illusion de confort pour éviter une révolution.
- Il ne s’attaquera jamais à plusieurs secteurs en même temps pour éviter les grèves générales et favoriser les petites grèves locales et moins dangereuses.
De toute évidence cette gestion de l’Etat n’est pas faite en bon père de famille. Elle mènera à coup sûr vers un changement brutal qui n’est agréable pour personne à court-terme.
Envisager un avenir meilleur à l’Etat consommateur en crise.
Il y a deux manières de sortir de cette situation délicate:
- La compétitivité.
- Actualiser son modèle social & financier.
La compétitivité.
Le principe est simple. Si la crise est à notre porte, elle est aussi à la porte d’autres Etats. Si on augmente notre compétitivité, on repoussera la crise en dehors de nos frontières. Il faut dès lors faire la guerre à l’austérité. L’objectif est de faire mieux ou moins cher, voire même les deux. Il faut donc valoriser le travail et diminuer les impôts sur les activités complémentaires. L’Etat doit se rapprocher du plein emploi.
Actualiser son modèle social & financier.
Avec l’arrivée de l’industrialisation on a vu les machines faciliter le travail de l’homme et même souvent le remplacer. Le plein emploi n’est plus qu’un rêve (ou un cauchemar). La monnaie est devenu fiduciaire, elle n’a plus de valeur réelle autre que spéculée. L’argent rapporte de l’argent tout seul. Le travail est en crise et ne rapporte plus que très peu d’argent. De toute évidence, nos repères ont changé. Il est peut-être temps de regarder ce changement avec courage et honnêteté. L’Etat qui essaie d’avoir une vision d’avenir cohérente doit prendre ses responsabilités en faisant preuve de transparence et sans laisser les problèmes au mandataire suivant.